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Prédictions 2010 et médias sociaux (3/3)

26/01/2010 Par : Edouard 2 commentaires

3/ Social Shopping & intégration du web social aux sites

SocialShopping2Social shopping ?

C’est prendre en compte le pouvoir de recommandation des internautes, l’influence exercée par les consommateurs.
Il y eu et il y a toujours les comparateurs de prix qui intègrent également le partage des avis de consommateurs (Ciao, Kelkoo, Twenga, pour ne citer qu’eux). C’est simple, efficace, mais parfois discutable : où les internautes pensent pouvoir faire confiance en tout point à ces sites, de nombreux produits bénéficient de mises en avant car plus rémunérateurs (principe de l’affiliation) ou tout simplement en raison d’un accord commercial en cours qui lie le site marchand et un distributeur. L’internaute, non aguerri à ces pratiques, a vite fait de penser qu’un article, parce que mis en avant, présente le meilleur rapport qualité/prix. Certes il y a les avis des autres consommateurs mais le budget temps joue aussi, de plus en plus…

Rappelons simplement un chiffre : 91% des consommateurs déclarent que l’avis d’autres consommateurs est le vecteur n°1 dans leur prise de décision d’achat en ligne (JC Williams Group). De ce constat, d’une technologie, d’outils web matures, naît le Social Shopping (aussi appelé Shopping Collaboratif ou encore Shopping Communautaire). Le périmètre de cette appellation reste vague et, pour ma part, les comparateurs de prix bien qu’évoluant, ne peuvent prétendre relever du Social Shopping. C’est une application du e-commerce qui a pour ambition de reproduire sur la toile les usages sociaux des consommateurs dans la vraie vie. Et ces interactions sociales sont le plus souvent spontanées : j’ai un coup de cœur pour un produit, je souhaite en parler à mes amis, le recommander, je le fais si l’on me propose des fonctions simplifiées pour le faire et l’intégrer naturellement dans une conversation… Les fonctions de partage ou d’invitation à envoyer un email à un ami depuis une fiche produit, sont les premiers pas vers le Social Shopping.

Quelques initiatives intéressantes à noter en France, où au pouvoir de la recommandation, succède le pouvoir de la commission… Le cas Zlio est révélateur. Ce site permet de créer « sa boutique » en ligne en 5mn, on a une passion, on peut y agréger des articles référencés. Aucune logistique à gérer, seule la promotion de sa boutique est importante, à commencer auprès de son cercle d’amis ou de connaissances partageant la même passion. Ces amis ont des besoins et vous êtes le mieux placé pour y répondre, si en plus il y a une commission c’est parfait. Vous vous transformez ainsi en affilié, rémunéré au clic ou à l’achat. Pour l’année 2007, le site communiquait sur ces chiffres : 95 447 boutiques créées, 53 000 000 de visites sur ces mêmes boutiques,
10 333 578 produits ajoutés au panier, 2 261 742 transactions, 336 euros soit la commission la plus importante, 2021 euros – le revenu le plus important réalisé par un Zlionaute… 2008 et 2009 me demanderez-vous ? Plus difficile de trouver des chiffres, de nombreux déçus se manifestent dans les forums, en résumé : commissions ridicules au vu du temps consacré (agencement de sa boutique, promotion…). Bref, pas un eldorado pour ceux qui espéraient un revenu d’appoint facile, au mieux un vrai télétravail demandant une stratégie et du temps.

Mais je reviens au maître mot qui guide ma réflexion ici : « spontanéité ». En effet, on peut indiquer à ses amis que l’on a créé une boutique de type Zlio, pour autant s’y rendre leur demande un peu de temps, ils n’ont pas nécessairement un besoin urgent d’acheter, l’environnement et l’envie ne s’y prêtent pas… Première étape : multiplier les points de contact en intégrant notamment un « best of » de cette boutique directement sur son blog ou sa page personnelle (intégration d’un widget, Zlio l’a proposé dès 2006 avec sa Zliozone). Deuxième étape : accompagner l’expérience, l’enrichir de contenu (le contenant est désormais secondaire), il faut conditionner, amener à l’achat d’impulsion car facilité et immédiatement accessible. Comme précédemment évoqué, après une déportalisation du contenu, il faut s’attendre à une déportalisation des achats, rendu possible par des porte-monnaies électroniques centralisés.

En résumé donc, une obligation d’intégrer un web social dans sa stratégie pour suivre une tendance indéniable qui va s’accélérer. Ce web social, faut-il qu’une marque l’intégre à son site (ou à un site dédié) ou doit-elle plutôt se reposer sur des plateformes sociales existantes, des carrefours d’audience surtout, qui voient leurs membres converser au quotidien entre eux (et créer des passerelles vers ces plateformes) ? Depuis quelques mois, les éditeurs de logiciels / agences conseil Talkspirit et Feedback 2.0 voient leurs projets se multiplier. Espaces de dialogue, communautés de clients, outils de collaboration et de communication interne, sont leurs crédos. Combien de réussites en B to C ? Nous creuserons dans un prochain article la question, à ce stade arrêtons-nous simplement sur 2 cas : SNCF, opinions et débats et Bluenity, la communauté des voyageurs Air France, KLM, deux initiatives qui ont bénéficié de relais médias « importants ». Dans le premier cas, faut-il y voir un réel espace de dialogue ou plutôt un défouloir canalisé ? Après 2 ans d’existence, 17 000 inscrits sont-ils significatifs et surtout quel volume d’informations à traiter comparé aux discussions déjà très nombreuses, qui naissent tous les jours dans les forums, blogs, réseaux sociaux… (cf. récemment le mauvais buzz Eurostar). Dans le second cas, une énième communauté de voyageurs, pourquoi faire ? Vous l’aurez compris, je ne suis pas tout à fait convaincu par ce type d’initiatives en B to C (aucun doute en revanche sur la pertinence d’un outil collaboratif pour améliorer la productivité, les relations avec certains fournisseurs et plus largement la communication interne). Concernant l’inscription, un bon point pour le second, la possibilité désormais de s’authentifier à l’aide de Facebook Connect… (pourquoi ne pas animer directement une page sur Facebook qui voit une viralité induite se mettre en place ?) C’est surtout sur la fidélisation que cela coince, comment imaginer sur la durée que les inscrits vont régulièrement revenir sur ce type de plateforme loin de leurs parcours habituels d’internautes.

A noter également, une solution souple saluée à la dernière conférence Le Web, Stribe, une start up française qui propose d’intégrer un réseau social directement à n’importe quel site, d’initier facilement la conversation, de faire le lien avec un site marchand… Affaire et chiffres sur le ROI de ce type d’intégration à suivre. Il faudra surtout comparer aux retombées des premières opérations d’envergure sur Facebook et sur l’utilisation pérenne d’une page de marque pour faire un choix avisé. Ou encore, l’intégration de boutiques en ligne directement sur Facebook…

Rappel de nos trois prédictions/tendances pour 2010 :

1/ Interopérabilité et Facebook Connect
2/ Micro paiements et refonte de certains modèles économiques
3/ Social Shopping & intégration du web social aux sites

Prédictions 2010 et médias sociaux (2/3)

06/01/2010 Par : Edouard Aucun commentaire

2/ Micro paiements et refonte de certains modèles économiques

Le nombre d’acheteurs en ligne en France continue de progresser avec 22,5 millions au 2ème trimestre 2009 selon la Fevad – Fédération du e-commerce et de la vente à distance (voir cet article très complet du JournalduNet). Il s’agit pour beaucoup de réflexe et de confiance à instaurer sur la toile, les moyens de paiement sont variés. Le porte-monnaie électronique qu’est PayPal continue de convaincre de nouveaux utilisateurs, malgré des systèmes de paiement de plus en plus sécurisés et simples mis en place sur les sites marchands. Propriété du groupe eBay depuis 2002, PayPal compte 200 millions de comptes dans 190 pays. 1 acheteur sur 3 en France a un compte PayPal et 16 000 sites français utilisent sa solution clé en main. Son succès repose sur le gain de temps qu’il suppose (inutile de ressaisir son numéro de CB) et sur la confiance déjà instaurée. Sa cohabitation pérenne avec les autres systèmes de paiement est donc assurée. Peut-on pour autant transposer le modèle PayPal sur les réseaux sociaux ? Il est temps d’envisager qu’après une déportalisation du contenu (fondement du web 2.0), une déportalisation croissante des achats en ligne va s’opérer.

Une culture des micro-paiements se développe, l’Itunes Store et l’App Store d’Apple en sont le meilleur exemple. Début 2009, 6 milliards de titres (généralement à 0,99 €) y avaient été achetés, plus d’un milliard d’applications téléchargées (pour 100 000 disponibles). La plupart de ces applications sont bien sûr gratuites, en moyenne celles qui sont payantes coûtent 2,55$ (lire Le prix moyen des logiciels Iphone en baisse). Cette culture acquise, reste à en faire profiter les éditeurs via un

système de paiement rapide et usuel…

Qui pour gérer ces micro-paiements ?
Nous vous parlions précédemment d’interopérabilité avec Facebook Connect, là encore il est question de masse critique d’utilisateurs. De nombreux micro-paiements sont déjà effectués chaque jour sur ce site, on y estime à $75 millions le chiffre d’affaires généré par les biens virtuels en 2009 (acheter des graines toujours aussi virtuelles pour jouer à Farmville ou offrir des roses). Facebook a lancé sa monnaie virtuelle fin 2009 et teste de nouveaux systèmes pour créditer son compte (via la plate-forme de paiements pour mobiles Zong). Cette plateforme de paiements en ligne est ouverte aux développeurs d’applications tant pour des biens virtuels que physiques… Facebook pourrait donc, là encore, être très bien placé dans cette autre course, tant sa base d’inscrits et de potentiels utilisateurs quotidiens de sa monnaie virtuelle, croît de manière exponentielle.

Refonte de certains modèles économiques ?
2009 a été l’occasion pour certains éditeurs d’annoncer qu’ils prévoyaient de monétiser certains contenus jusqu’alors gratuits, afin d’établir un « vrai » modèle économique sur le web. Rupert Murdoch (NewsCorp – Times, Sun, Wall Street journal…) lançait les spéculations en septembre et allait jusqu’à envisager de déréférencer certains articles de Google. Ce dernier, en réponse à ces spéculations, souhaite proposer son propre système de micro-paiements « Google Checkout » (système de paiements exclusif pour YouTube et le Android Market – plateforme de ventes d’applications pour le OS d’Android). Ce système de paiements, annoncé comme concurrent de PayPal, devrait également trouver sur sa route la monnaie virtuelle de Facebook… Enfin, je vous renvoie à cet article du Guardian sur l’évolution possible du modèle économique de YouTube rendu réaliste avec un tel contexte. Un modèle de pay-per-view pour certaines vidéos inspiré par la réussite de Hulu, seconde plateforme vidéos aux US.

Rappel de nos trois prédictions/tendances pour 2010 :

1/ Interopérabilité et Facebook Connect
2/ Micro paiements et refonte de certains modèles économiques
3/ Social Shopping & intégration du web social aux sites

Prédictions 2010 et médias sociaux (1/3)

28/12/2009 Par : Edouard un commentaire

Si le « Real Time Web » (web instantané) était à n’en pas douter au centre de toutes les attentions en 2009, que nous réserve 2010 ? Trois phénomènes rencontrant un contexte mature devraient occuper les esprits et alimenter les blogs spécialisés.

1/ Interopérabilité et Facebook Connect
2/ Micro paiements et refonte de certains modèles économiques
3/ Social Shopping & intégration du web social aux sites

1/ Vers une vraie interopérabilité avec Facebook Connect ?

Cette interopérabilité permet à un utilisateur de s’authentifier auprès de plusieurs sites avec un même identifiant, une même « identité numérique ». Plusieurs technologies ont vu le jour ces dernières années, à commencer par OpenID souvent présentée comme un protocole de gestion décentralisée de son identité numérique ou encore comme une délégation d’authentification.
La fondation OpenID (organisation à but non lucratif) est née en juin 2007, récemment donc, et pour autant a réussi a l’imposer comme standard auprès de Yahoo dès janvier 2008 (adoption pour ses 250 millions de comptes). Plus tard, toujours en 2008, Google, Microsoft et Yahoo rejoignaient son conseil d’administration. MySpace (en juillet 2008) et Facebook (en mai 2009) l’ont également adopté. Les dés sont donc joués ? Pas tout à fait…
Tout d’abord, combien d’internautes ont créé un compte openID leur permettant de s’authentifier avec une seule url : aucun chiffre officiel. Et pour cause, probablement une technologie, pourtant simple, réservée à un public trop restreint composé d’habitués, aux blogs notamment (commentaires). Ensuite, les réseaux sociaux ou plus exactement les plateformes sociales ont accéléré le mouvement et ont aussi mis en évidence les réticences des principaux acteurs : monétisation des inscrits et historiques utilisateurs (infos personnelles, photos téléchargées, base « d’amis », bref le temps consacré à son profil…) comme levier de rétention…
Google est arrivé dès fin 2007 dans cette bataille qui s’annonce stratégique avec OpenSocial qui permet une compatibilité entre des applications sociales de différents réseaux sociaux. Car c’est bien sur ce terrain des API (Application Programming Interface) que tout pourrait basculer. Plus de 200 applications ou jeux sociaux ont plus d’un million d’utilisateurs actifs par mois sur Facebook. Imaginez maintenant le potentiel de ces applications si elles étaient compatibles sur l’ensemble des principales plateformes sociales (Facebook, MySpace, Friendster, Orkut, Bebo, Hi5…). Seul hic, et de taille, une alliance OpenSocial s’est de facto mise en place pour « contrer » Facebook. MySpace, Orkut, Hi5, Friendster, Viadéo, sont engagés avec OpenSocial, « tous » donc, sauf Facebook qui impose pourtant de plus en plus sa plateforme d’applications très ouverte FBopen. Il y aussi Google Friend Connect, lancé en mai 2008, qui a pour ambition de connecter les sites « non sociaux » aux principaux réseaux sociaux mêlant OpenID et Opensocial… (donc indirectement Facebook)

Facebook Connect est la solution d’identification proposée par Facebook (avec ses identfiants Facebook). Ses points forts : 350 millions de membres sur Facebook dans le monde et une croissance toujours phénoménale + une plateforme à laquelle les développeurs d’applications se sont habitués. Résultat : en un an
80 000 sites ont intégré Facebook Connect et plus de 60 millions de membres l’utilisent dans le monde…
Nous reviendrons prochainement sur les exemples d’utilisation et les chiffres de cette API (qui mérite un billet dédié) mais à eux seuls ces chiffres marquent un vrai tournant. Par son effet de volume, Facebook s’impose sur le terrain des sites « non sociaux » mais pourrait aussi s’imposer rapidement auprès/avec d’autres sites, plus étonnants au premier abord. A ce sujet, je vous renvoie à cet article où nous vous annoncions que MySpace pourrait intégrer Facebook Connect…

Cette interopérabilité acquise, reste à énumérer ce que cela pourrait apporter comme innovations ou plutôt évolutions dans nos comportements de consommateurs. Focus notamment sur le développement des micro paiements dans un post à suivre.

Petit rappel : les difficultés rencontrées dans la quête d’interopérabilité entre les différents outils de messageries instantanées. Yahoo ! Messenger et MSN Live Messenger sont interopérables depuis fin 2006 et ce n’est que fin 2008 que Yahoo ! Messenger s’est rapproché de Google Talk face aux tentatives de rachat de Microsoft. Rendre service naturellement aux utilisateurs n’est clairement pas la priorité des différents acteurs, le marché et les initiatives des uns doivent provoquer des évolutions significatives chez les autres…