
Le guide de l’EBG 2011 vient de paraître et nous y avons contribué à hauteur de 2 articles théoriques.
Après la publicité sur Facebook repris par la page officielle de la régie en France, nous vous proposons ce second article dédié à la présence globale des marques sur Facebook, différences et complémentarités entre les pages, les groupes, les profils…
Si ce n’est déjà fait, tentez de gagner votre exemplaire de l’EBG sur notre page Facebook.
Introduction
Fondé en 2004, l’accès à Facebook est alors réservé aux étudiants d’Harvard, puis s’ouvre peu à peu aux autres universités américaines. En septembre 2006 le site est ouvert à tous (13+), les développeurs puis les annonceurs se ruent alors sur ce carrefour d’audience à la croissance exponentielle. Les groupes voient le jour avant que les pages de marques (ou encore « fan pages ») soient créées afin d’offrir aux marques, entreprises et personnalités publiques une présence plus officielle. Récemment les pages communautés sont lancées… Autant de supports en complément des profils standards avec lesquels il faut établir une stratégie de présence pérenne…
Nous abordons dans les prochaines lignes les différences entre ces supports, vous présentons les outils exploitables et les complémentarités envisageables.
1/ Les profils de membres standards
Un profil Facebook sert principalement à communiquer avec ses amis, à garder ou à renouer contact (amis d’enfance, école…) et à partager des contenus (articles, photos, vidéos principalement). Différentes applications : quizz, jeux, interactions avec les contenus issus de sites d’informations ou l’exploitation des photos de ses amis par exemple, permettent de rendre l’utilisation du service plus ludique au quotidien.

Un exemple de profil standard
a) Utilisation courante des profils standards par les marques : une erreur ?
De nombreux annonceurs, par manque d’information ou en raison de l’inexistence des pages au moment de la création, utilisent un profil standard. Plusieurs freins majeurs limitent leur exploitation pérenne :
- Facebook ne souhaite pas que l’usage de ces profils soit détourné, les utilisateurs doivent être authentiques (nom, prénom, date de naissance), un profil peut être supprimé s’il porte par exemple le nom de votre animal de compagnie ou de votre entreprise… Depuis quelques mois, un robot analyse la véracité des noms et prénoms utilisés, vous ne pouvez pas créer un profil au nom de « Super Marketeur » par exemple.
- La relation instaurée entre une marque et ses fans peut être jugée intrusive lorsque cette marque se présente (en son nom seul) comme « ami ».
- Enfin, le plafond d’amis est de 5000 et surtout, il est impossible d’intégrer des onglets personnalisés pour présenter vos offres et actualités…
b) Comment envisager l’utilisation d’un profil par une entreprise
Pouvoir apporter des réponses plus personnalisées en commentaire d’une publication, donner un visage humain aux réponses, et envoyer un message personnel, nécessite l’usage d’un profil standard complémentaire à une page. A quel nom ? Parce que ce profil doit survivre à l’évolution des effectifs et qu’un responsable marketing/communication ne souhaite pas nécessairement avoir des milliers d’amis/clients sur son profil personnel, le plus simple est d’utiliser au choix, le nom du fondateur de l’entreprise ou du responsable du service client (voire les deux). Dans le cas du nom du responsable du service client, il est assez fréquent que ce nom (dérivé parfois d’un nom réel d’un salarié) soit fictif mais du moins toujours pérenne…
2/ Les groupes
Pour créer un groupe : http://www.facebook.com/groups/create.php

Un exemple de groupe : celui de l'INSEEC
Ces groupes sont principalement utilisés pour soutenir une cause, lancer des pétitions virtuelles, fédérer des consommateurs au sein d’une requête groupée, gérer des boîtes à idée…
Les membres d’un groupe peuvent poster un message sur le mur du groupe, et en tant qu’administrateur vous pouvez envoyer un message à l’ensemble des membres (qui apparaîtra dans leur boîte de réception Facebook). Si le nombre de membres n’est pas limité, le nombre de messages que vous pouvez envoyer est cependant de 5000 maximum. Les administrateurs des groupes sont visibles et peuvent donc être contactés personnellement.
Un groupe peut être privé, dans ce cas il faut y appartenir pour avoir accès aux contenus et pouvoir y poster un message. L’administrateur peut en refuser l’accès aux membres qui ne répondent pas à ses critères de sélection s’il filtre avec attention ces demandes.
a) Les inconvénients/limites
- Les publications de l’administrateur ont autant de valeur que celles des membres sur le mur, aucun paramètre ne permet de n’afficher que les publications des administrateurs. Une option permet en revanche de ne laisser la possibilité qu’aux administrateurs d’écrire sur le mur, ce qui va à l’opposé de l’échange attendu qui nourrit ces groupes…
- Ni onglet personnalisé ni application ne peuvent y être intégrés,
- Pas de dépôt d’url Facebook possible,
- Il faut en général relancer sans cesse les conversations qui ont tendance à exister pendant une période courte et à vivoter ensuite,
- Limite dans l’envoi des messages comme précisé plus haut,
- Et SURTOUT, le fil d’actualité en page d’accueil n’inclut plus les nouveaux statuts des administrateurs de ces groupes. Seules les invitations à rejoindre le groupe et les commentaires via la mention « mon ami écrit sur le mur de… », permettent au groupe de se développer.
b) Les opportunités
La plus évidente pour une entreprise réside dans la création d’un groupe privé d’entreprise, à même de faciliter les échanges entre ses salariés et éventuellement quelques clients. Ces groupes peuvent aussi servir d’accompagnement dans le lancement d’un nouveau produit par exemple (pour économiser en frais de services clients et après-vente, techniciens de l’entreprise et utilisateurs initiés peuvent apporter des réponses rapides aux demandes). Enfin, une opportunité et pas des moindres, consiste à créer un groupe en cas de crise, en préemptant un groupe qui a des chances de voir le jour, soyez réactif afin de canaliser les plaintes et critiques…
3/ Les pages de marques
Pour créer une page de marque : http://www.facebook.com/pages/create.php
Ces pages sont vouées à promouvoir des entreprises, marques, produits, ou encore des personnalités.
Les points importants :
- A l’instar des groupes, pas de limites de fans (de personnes qui « aiment »),
- Les pages Facebook sont par nature visibles de tous (y compris des non membres, pas de pages privées),
- Les administrateurs des pages n’apparaissent pas et ne peuvent donc être sollicités personnellement,
- Chaque nouveau statut (à l’instar des profils d’utilisateurs) est affiché sur les pages d’accueil des fans et vous pouvez envoyer une mise à jour aux fans (notification « mises à jour » en page d’accueil),
- Chaque nouveau statut est géolocalisable : il est en effet possible de choisir l’étendue de la publication (pays/villes et langues)

L'interface de géolocalisation
- Possibilité de déposer une url
www.facebook.com/username, à partir de 25 fans (non modifiable par la suite),
- Accès à des statistiques (affichages, nombre de visites uniques, nombre de lectures des vidéos, composition sociodémo, fans désinscrits, nombre de fans ayant masqué les publications de leur fil d’actualité, nombre d’impressions des publications…).
a) Au commencement
Outre la réflexion sur le nom même de cette page, le problème le plus fréquemment rencontré reste la préexistence de nombreuses autres pages non officielles… Sachez que vous pouvez demander la migration des fans de ces pages (comptant plus de 500 fans) vers votre page qui doit être officialisée auprès de votre chargé de clientèle Facebook ou auprès d’une agence spécialisée.
b) Les articles et autres onglets génériques

Un exemple d'article sur la page officielle Guerlain
L’onglet « Articles » vous laisse la possibilité de rédiger un post semblable à un post de blog et est probablement la fonction générique (disponible automatiquement sur les pages) la moins utilisée. Pourtant cet onglet « articles » permet de proposer des informations à vos fans de manière structurée et pérenne, avec un langage HTML basique, la mise en page est sommaire mais suffisante. Ces articles permettent à un nouveau fan d’avoir accès facilement aux contenus essentiels (difficile de l’imaginer parcourir toutes les publications de votre page). Par ailleurs, les fonctions « partager » et « commentaire » renforce son usage viral.
L’onglet « Discussions » s’apparente à un forum, charge à vous d’initier certaines conversations, de canaliser les critiques qui peuvent être formulées pour mieux y répondre et de veiller/anticiper pour garder un certain contrôle.
Photos et vidéos : essentiel de nourrir ces onglets, chaque nouveau contenu pouvant générer interactions et donc viralité. Pour les vidéos, si vous avez une chaîne vidéo YouTube, intéressez-vous à la YouTube Box : http://tinyurl.com/YouTube-Box.
c) Onglets personnalisés
Les onglets personnalisés vous permettent à l’aide du langage FBML (Facebook Markup Language) d’intégrer à votre page de véritables pages web, des questionnaires voire des mini sites (en flash notamment). La première étape consiste à ajouter l’application FBML à votre page : http://tinyurl.com/API-FBML. Vous pouvez réserver certains contenus de ces onglets aux fans et ainsi inciter les visiteurs de votre page à en devenir fan. La largeur est désormais de 520px (contre 760px jusqu’en août 2010).

Un onglet concours dont le contenu est réservé aux fans
d) L’importance d’un formulaire
Votre page Facebook est un canal de communication parmi les autres, le recueil d’email opt in et de données de qualification sont possibles depuis Facebook. Ne vous en privez pas ! Le plus simple étant l’intégration en dur d’un formulaire en PHP lié à une base SQL.
Certains de vos fans seront moins réactifs et attentifs à vos publications, multipliez vos chances de construire une relation durable, quelque soit le canal de communication…

Formulaire d'inscription pour une newsletter
e) Les applications sociales
Ces applications avec autorisation d’accès aux données privées connaissent des résultats très variés. Elles permettent de récupérer automatiquement les données primaires (nom, prénom, email, qui ne sont donc plus à saisir par l’utilisateur de l’application). L’autre avantage incontestable de ce type d’application consiste à pouvoir traquer par id utilisateur certaines actions dont les recommandations aux amis. De pouvoir ainsi proposer aux participants d’un jeu, de multiplier leurs chances, sur la base des recommandations de page effectuées auprès de leurs amis. Elles permettent également de gérer les crédits Facebook (pas de focus sur ces derniers dans cet article par manque de place), d’obtenir parfois des expériences vraiment inédites et personnalisées.

Pour autant, gardez à l’esprit que de plus en plus d’utilisateurs font preuve de résistance à autoriser un accès aux données privées de leurs profils. Ces applications sont idéales dans le cas d’expériences ludiques, immersives et où la dotation est réellement motivante.
f) L’intégration de boutiques
Une grande tendance en cours consiste à intégrer une mini boutique sur Facebook. Après une déportalisation des contenus, nous pourrions assister à une déportalisation des achats avec l’essor de la monnaie/crédits Facebook (successeur de Paypal ?) et la plupart des fonctions de paiement courantes pouvant être proposées sur la plateforme.
g) Outils pour promouvoir cette page
http://developers.facebook.com/plugins
Bon nombre d’extensions, de widgets, peuvent être intégrés à votre site et/ou blog. Les boutons « J’aime », la Fan Box (aperçu de vos fans et lien direct pour dire « J’aime ») ou encore la Live Stream Box (Fan Box + flux des publications) sont autant d’outils efficaces pour promouvoir votre page et donner un aperçu de votre communauté. Par ailleurs, Facebook Connect est devenu incontournable dans la délégation d’authentification avec plus de 100 000 sites l’ayant déjà intégré dans le monde. N’oubliez pas en préambule d’ajouter un lien vers votre page directement en signature de vos emails…
h) Autres conseils
- Cet article n’a pas pour objet de vous parler d’animation, de contenus. pour autant, afin d’optimiser votre temps, intéressez-vous aux clients permettant de publier des contenus sur plusieurs pages, sur vos pages Facebook et profils Twitter : Tweetdeck, Seesmic pour ne citer qu’eux.
- La synchronisation entre votre compte Twitter et votre page Facebook est une question de goût, de temps (encore une fois). Personnellement, je la déconseille, en cela que la limite de caractères pour un statut de page Facebook est de 420 contre 140 pour Twitter. Publications donc tronquées (de Facebook vers Twitter) et surtout consommation de l’information et usages différents.
4/ Les pages communautés
Pour créer une page communauté : http://www.facebook.com/pages/create.php
Les dernières arrivées… En phase bêta, elles sont conçues autour de sujets (activité, rubrique, cause, expérience) et ont vocation à devenir de véritables wikis. Elles agrègent actuellement des contenus en provenance de Wikipedia et de profils qui publient autour d’un sujet mais devraient rapidement faire appel à la contribution de leurs membres pour les enrichir (et ne plus être sous la main d’un ou de quelques administrateurs). Enfin, contrairement aux pages officielles, elles ne publient pas d’actualités dans votre fil d’actualité.
Conclusion
Si une complémentarité page + profil standard (voire page + profil + groupe) peut se justifier, soyez pragmatique, chaque nouveau support peut nécessiter un investissement temps plus important qu’il n’y paraît au premier abord. Une page de marque animée et optimisée (onglets) doit être votre priorité. Par ailleurs, privilégiez l’usage d’une seule page, avec un territoire éditorial défini. Une segmentation par thématique est à éviter (à la différence d’une stratégie sur Twitter), en cela que l’effet de volume d’une communauté est primordial : un certain algorithme existe en page d’accueil utilisateur, plus vous aurez d’interactions sur vos publications, plus celles-ci resteront longtemps en « fil à la une », seront vues, généreront des impressions, de la viralité…
Enfin, la présence des marques sur le site pourrait passer de plus en plus par de la diffusion d’événements live avec l’arrivée de l’application Facebook Live en partenariat avec LiveStream mais aussi par des communications géolocalisées avec Facebook Places.
Une nouvelle source d’expériences envisageables avec vos publics…