Un appel affichant le préfixe 0031 sur l’écran, et déjà le doute s’installe. Le code international des Pays-Bas, si neutre en apparence, s’est invité dans la valse des numéros utilisés par les plateformes de démarchage. Ce préfixe, comme tant d’autres, se glisse habilement dans le flux quotidien d’appels, brouillant la frontière entre sollicitation commerciale et contact professionnel légitime.
0031, 0947, 0162… ces indicatifs qui doivent vous alerter
Certains numéros reviennent inlassablement dans la bouche des utilisateurs : appels répétés, messages sibyllins, parfois même insistance agressive. Les séquences 0031 pour les Pays-Bas, ou 0947, 0162, 0270 et 0949 pour la France métropolitaine et l’outre-mer, figurent parmi les plus fréquemment repérées lors de démarchages téléphoniques.
Depuis plusieurs mois, l’ARCEP a imposé une série de mesures : chaque centre d’appel ou société de prospection doit composer avec des préfixes dédiés, immédiatement identifiables. Cette cartographie vise à redonner la main aux particuliers saturés d’appels non désirés, comme l’a souligné l’UFC Que Choisir dans ses dernières publications.
Pour mieux cerner les numéros à surveiller, voici les principales plages qui doivent attirer l’attention :
- 0031 pour les appels internationaux depuis les Pays-Bas
- 0947, 0162, 0270, 0949 pour les démarchages en France métropolitaine
La vigilance doit redoubler pour les territoires d’outre-mer, où chaque préfixe correspond à une zone bien définie :
- 09475 : Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy
- 09476 : Guyane
- 09477 : Martinique
- 09478/09479 : Réunion et Mayotte
Le plan de numérotation téléphonique, renforcé par la loi du 24 juillet 2020 et sa mise à jour de janvier 2025, interdit désormais aux démarcheurs d’utiliser les numéros commençant par 06 ou 07, tout comme l’usage des numéros masqués. Cette restriction complique la tâche des plateformes peu scrupuleuses, sans gêner les entreprises sérieuses qui utilisent des numéros polyvalents en 09 37, 09 38 ou 09 39, selon le service rendu.
Derrière la diversité des préfixes, une certitude : il ne suffit plus de s’inscrire sur Bloctel pour couper court au démarchage. Certains centres d’appel jouent la carte du contournement, tandis que les listes diffusées dans les médias ne sont pas toujours à jour. Pour garder la maîtrise, le réflexe consiste à confronter le numéro reçu avec les bases officielles de la DGCCRF ou de l’UFC Que Choisir, et à s’informer régulièrement sur les évolutions publiées par l’ARCEP.
Filtrage malin : astuces et outils pour bloquer le démarchage sans passer à côté d’un appel important
Pour faire face à l’inventivité des démarcheurs, il existe aujourd’hui des stratégies concrètes qui allient technologie et bon sens. Plusieurs applications, dont Préfixe Bloqueur ou Orange Téléphone, permettent de bloquer d’un geste les appels provenant des préfixes identifiés comme suspects. Leur base de données, réactualisée en continu, cible automatiquement les séquences telles que 0162, 0270, 0377, 0424, 0568, 0948, 0949.
Cette démarche n’empêche pas la réception d’appels légitimes. Les numéros mobiles (06, 07) restent dédiés à la sphère personnelle ou professionnelle de confiance. Les sociétés de livraison, les techniciens ou les services clients utilisent, eux, des numéros polyvalents vérifiés, bien distincts des plages réservées au démarchage.
Pour renforcer la protection, la plupart des téléphones proposent des réglages avancés : sur Android comme sur iPhone, il est possible d’activer un rejet automatique des appels masqués ou inconnus, ou encore de limiter les appels entrants aux seuls contacts enregistrés grâce au mode « ne pas déranger ». Une solution radicale, mais efficace pour ceux qui souhaitent verrouiller leur ligne sans rien perdre d’utile.
Enfin, le cadre légal offre aussi un levier à ne pas négliger. En vertu du RGPD, toute sollicitation téléphonique donne le droit de refuser le traitement de ses données personnelles. Un simple rappel à l’opérateur suffit parfois à faire cesser les appels importuns, à condition, bien sûr, de connaître ses droits et de les exercer avec fermeté.
Restez attentif : les listes de préfixes évoluent, les pratiques aussi. S’informer auprès de la DGCCRF ou de l’UFC Que Choisir, surveiller les annonces de l’ARCEP, et mettre à jour ses outils de filtrage, c’est s’octroyer un peu de tranquillité au milieu du vacarme numérique. À chacun de composer sa stratégie, entre vigilance et adaptation, pour que le téléphone redevienne un atout, et non une source de stress.


